
Rencontre, influences, confirmations architecturales (1946–1950)
Introduction : une rencontre déterminante à Louxor

En 1946, Hassan Fathy est chargé par le Service des Antiquités de construire un nouveau village sur la rive ouest de Thèbes.
C’est dans ce contexte qu’il rencontre personnellement René A. Schwaller de Lubicz et sa famille, installés à Louxor depuis 1940. Fathy décrit cette rencontre dans son manuscrit Ce que j’ai appris à Louqsor (1950) :
« Je retrouvais Mr. Schwaller de Lubicz et sa famille vivant dans un pavillon de Louxor Hôtel où ils logeaient depuis 1940. »
(page 2)
Cette cohabitation intellectuelle sur le terrain de Louxor va profondément influencer la compréhension que Fathy se fait des temples égyptiens et de leur conception symbolique.
Contexte : un architecte face à un égyptologue ésotérique
Fathy précise qu’il voit Schwaller travailler à des études « scientifiques mystiques ».
Bien que les échanges soient prudents, une admiration réciproque s’installe :
« Sans comprendre, je me réjouissais de la précision et de la fidélité… »
(page 4)
Fathy, homme de chantier, découvre alors une approche philosophique et anthropocosmique de l’Égypte ancienne, incarnée dans l’œuvre de Schwaller.
Les théories du Temple de l’Homme selon Fathy
Un temple conçu comme “l’Homme cosmique”

Hassan Fathy résume clairement la pensée schwallérienne :
« L’édifice est consacré — conformément à la Dédicace du Temple — à l’expression symbolique de l’homme… considérée comme un résumé de l’Univers. »
(page 7)
Pour lui, le temple égyptien n’est pas une construction utilitaire :
il incarne un microcosme, une projection du corps humain dans l’espace sacré.
Cette idée deviendra fondamentale dans sa propre vision de l’architecture traditionnelle.
Parabole architecturale : le corps humain projeté dans la pierre
Fathy précise que :
« Dans une grande parabole architecturale, cet homme Microcosme se trouve projeté sur le plan du temple et en détermine les proportions. »
(page 7)
C’est exactement l’intuition centrale du Temple de l’Homme, que Fathy reconnaît, explique et valide.
Observations de terrain : Fathy confirme les mesures de Schwaller
Validation architecturale empirique
Fathy affirme avoir mesuré lui-même les temples de Karnak, de Montou et les tombeaux thébains.
Ses conclusions :
« Ayant vu de mes propres yeux les mesures et les proportions… je puis certifier qu’une part considérable des conclusions de Schwaller est exacte. »
(page 10)
Opposition à l’archéologie classique
Fathy critique la lecture « accidentelle » des égyptologues traditionnels :
« Les archéologues classiques sont accoutumés (…) à ne voir que l’accidentel.
Le travail de Schwaller de Lubicz est généralement ….Pour ma part, je puis certifier… »
Il se place clairement du côté de Schwaller, qu’il juge plus fidèle à la réalité architecturale.
Influences réciproques et convergences conceptuelles
Architecture comme science symbolique
Pour Fathy, l’architecture traditionnelle n’est pas un art appliqué mais une voie de connaissance.
Sa vision rejoint celle de Schwaller :
« L’architecture est une base importante de l’étude… »
Confirmation par les cultures africaines et orientales
Fathy étend les idées de Schwaller à d’autres traditions :
« Les civilisations de l’Afrique… confirment en partie l’idée de Schwaller de Lubicz. »
Il inscrit ainsi le Temple de l’Homme dans une anthropologie universelle.
Conclusion : un lien historique, intellectuel et méthodologique
La relation entre Hassan Fathy et Schwaller de Lubicz est désormais documentée :
Rencontre directe à Louxor (1946)
Étude du temple selon les proportions humaines
Validation des mesures schwallériennes par un architecte
Défense explicite de Schwaller contre les critiques
Convergence symbolique et anthropologique
Fathy résume lui-même l’essentiel :
« Ce que je veux démontrer… c’est que les observations architecturales confirment les thèses de Schwaller de Lubicz. »
Williams Lazare Téléphone : 07 77 20 31 40 lavoiedesdieux@gmail.com